Emploi

UNICEF recrute 01 Consultant International PBF Analyse de contexte – Recrutement , Offre d’emploi Afrique Francophone

Written by Groupe Info Etudes

Consultant International PBF Analyse de contexte, Bamako – Mali (6 mois)

Job Number: 511942 | Vacancy Link

Locations: Africa: Mali

Work Type : Consultancy

Introduction

Le centre du Mali connait depuis plusieurs années une augmentation préoccupante des tensions sociales et politiques, marquées par des épisodes de violences collectives à répétition.

À la suite de la crise de 2012, la région a enregistré un afflux massif (environ 500.000[1]) de personnes déplacées internes (PDIs) de Kidal, Tombouctou et Gao. La crise a grandement affecté la présence de l’État et l’économie dans la région, et les principaux secteurs générant des revenus, tels que le tourisme, ont considérablement diminué, touchant principalement les jeunes et les femmes de la région. La situation a encore été exacerbée par l’occupation de cercles clés dans la région de Mopti par des groupes armés et radicaux. Le besoin de protection, le taux élevé de chômage, le manque d’éducation, de santé et d’autres services de base, ont rendu les jeunes hommes et femmes vulnérables au recrutement par ces groupes extrémistes violents.

L’accord de paix et de réconciliation au Mali a été signé en 2015 par le représentant du gouvernement malien et les mouvements politico-militaires du nord du Mali. Seulement, depuis sa ratification, l’accord peine à être concrétisé et reste peu connu de la jeunesse malienne, en particulier celle du centre, empêchant celle-ci de s’engager pour son application. De plus, les jeunes de Mopti et de Gao connaissent peu (ou pas) la résolution 2250 qui engage le Gouvernement malien dans la participation active des jeunes dans la résolution des conflits. Afin de vulgariser l’accord, le programme national de culture de la paix (PNCP) a été lancé en juillet 2016 par le Gouvernement du Mali, avec l’appui de l’UNESCO.

Au niveau régional, le Conseil de sécurité a approuvé la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel (SINU) pour favoriser le développement économique, la résilience des populations, la bonne gouvernance et la sécurité dans la Sous-Région. Pour une réponse à tous ces défis qui accablent les jeunes, le Mali a accueilli en 2016 la réunion des Ministres en charge de la jeunesse sur l’élaboration de la stratégie jeunesse du G5 Sahel ou les jeunes ont demandé d’accorder 3% du budget national aux Ministères en charge de la jeunesse des pays du G5 Sahel. Ce projet viendra combler le gap et renforcer la mise en œuvre de la stratégie jeunesse du G5Sahel.

De 2015 à aout 2017, 147 cas de terrorisme et 25 cas de conflits armes ont été répertoriés dans la région de Mopti et au moins 177 écoles sont fermées à cause de l’insécurité. A Ségou, les cercles de Niono, San et Macina sont affectés. Dans le processus de consolidation de la paix enclenché depuis 2013, il est impératif que les jeunes femmes et les jeunes hommes qui sont les bénéficiaires directs des accords et politiques signés, en connaissent le contenu afin d’en respecter l’application. Plusieurs mécanismes sont mis en place pour renforcer la paix mais peu d’espace a été aménagé pour amener les communautés en général, les jeunes et les femmes en particulier, à discuter des politiques mises en place, afin de donner leur avis afin que celui-ci soit pris en compte, et jouer leur rôle dans le processus de paix. De nombreux fora, dialogues inter ou intracommunautaires et autres rencontres ont été organisées pour discuter des problématiques liées à la paix mais, à cause du poids des normes sociales, les jeunes et les femmes ont rarement voix au chapitre. Dans les régions de Mopti et de Ségou qui sont devenus le théâtre des récents développements, les dimensions géographiques et socio-culturelles et socio-ethnologiques des conflits, liées à différents contextes, sont autant de facteurs expliquant le manque d’engagement des jeunes comme acteurs de changement dans leur communauté.

Selon le Sous-Cluster Education, 291 écoles sont fermées à Mopti et à Ségou, au mois de mars 2017. Au Mali, en moyenne les femmes ont 1.7 années de scolarisation, contre les 3 ans en moyenne pour les hommes. Parmi les multiples facteurs derrière l’abandon scolaire des filles, le mariage et grossesses précoces affectent une proportion importante de femmes : 16% des femmes est marié avant 15 ans et 49% des femmes est marié avant 18 ans, avec des proportions plus élevées pour les filles non alphabétisées ou à faible scolarisation et provenant des ménages plus pauvres. Selon le Système de gestion d’informations sur les violences basées sur le genre, (GBVIMS[2]), 597 cas de violences sexuelles liées aux conflits sont rapportés entre 2015 et 2016 au Mali.

Au-delà des facteurs socio-économiques qui affectent leur épanouissement, depuis leur plus jeune âge et tout au long de leur vie adulte, les femmes sont exposées à des normes sociales et culturelles qui perpétuent les inégalités fondées sur le genre et réplique les disparités en termes de voix, d’agence et de participation à la vie publique, les situe dans une position de vulnérabilité accrue face aux situations de conflit et de violence locale. Des études sur les normes sociales conduites au Mali confirment que depuis l’enfance, des dynamiques inégalitaires de pouvoir s’affirment dans le niveau micro (famille-communauté) aussi bien qu’au niveau macro (collectivité-pays) : faible accès et contrôle des ressources, exclusion de la prise de décision sur leur corps, sur le développement des enfants, sur la gestion du foyer, sur la communauté.

Background

Le projet Les Jeunes Acteurs pour la Paix et la Réconciliation Nationale mi en œuvre conjointement avec l’OIM et l’UNESCO identifiera les connecteurs et les diviseurs dans les zones d’intervention, et capitalisera sur les influenceurs potentiels afin de susciter le changement sans risquer de créer d’autres conflits internes. Cet exercice sera facilité par les agences des Nations Unies mais exécuté par les communautés elles-mêmes. Au préalable, une mission d’identification des acteurs clés les plus crédibles, de tous âges, ethnies, et sexes, est nécessaire. Cette cartographie des acteurs qui sera menée avec l’appui d’un comité local, nous aidera à identifier les acteurs locaux crédibles et reconnus comme tels par la communauté. Ils porteront l’activité et mèneront les débats, ce qui formalisera l’appropriation. Cette cartographie des acteurs clé aidera à identifier les femmes leaders et permettra de sélectionner les femmes, en tenant compte des vulnérabilités et des iniquités.  L’exercice d’analyse approfondie peut se faire en forme de dialogue communautaire au terme duquel les influenceurs, les connecteurs, les diviseurs seront formellement identifiés. Nous travaillerons de manière inclusive, en prenant en compte toutes les parties prenantes, afin de réduire les risques d’aggravation des conflits, en prenant en compte des principes de Do No Harm. Une consultance de 6 mois sera commise afin de faire ce travail de mapping et de cartographie afin de garantir une gestion de la programmation sensible aux conflits.

Objectives

Identifier les diviseurs et les connecteurs dans les zones d’intervention, et capitaliser sur les influenceurs potentiels et capitaliser sur les influenceurs potentiels afin de susciter le changement sans risquer de créer d’autres conflits internes dans les 25 communes de Ségou et de Mopti couvertes par le projet.

Justification

L’un des principaux moteurs des tensions à Ségou et à Mopti est la compétition autour des ressources naturelles. La pression sur le foncier et sur les ressources hydriques engendre des disputes entre les communautés d’agriculteurs, d’éleveurs nomades et de pêcheurs ; il suffit parfois d’une victime pour qu’un conflit interpersonnel dégénère en conflit intercommunautaire. Dans ces zones, le droit coutumier s’oppose souvent au droit moderne, créant des désaccords qui peuvent se transformer en conflits violents. L’absence de lois écrites en la matière permet à certains de tourner le sens des coutumes, de les interpréter seulement dans le sens de leurs intérêts. En outre, l’impunité, la corruption, ou les abus fréquents commis par les forces de sécurité, ont cristallisé les rancœurs. Les communautés pensent que ce sont les représentants de l’État qui exacerbent les conflits.

En février 2018, une analyse du conflit au Mali intitulée « Minusma overview of the conflict in Mali » a été publiée mais elle est globalisante et elle se focalise surtout sur le nord.  Seule une petite partie de l’analyse concerne le centre du pays. L’analyse est aussi politico-militaire, et manque d’être socio-culturelle. Elle exploite les faits récents alors que dans le centre du Mali comme Mopti et Ségou, les conflits inter et intracommunautaires ont toujours subsisté, bien qu’ils aient toujours étaient réglés à l’amiable.

Le/la consultant (e) qui sera recruté (e) fera une analyse socio-culturelle plus approfondie, exploitant les normes sociales qui prévalent, les réalités culturelles qui ont toujours régi la cohabitation des communautés peulh nomades et les communautés bambara et dogon sédentaires dans ces deux régions. Il exploitera aussi les diviseurs et les connecteurs afin de minimiser les risques, dans un esprit de gestion de programme sensible aux conflits. Il/elle va informer tout le travail de consolidation de la paix du projet en informant de manière juste sur les causes des conflits et préconiser des interventions communautaires pour les prévenir ou les résoudre.

Scope of Work

Sous la supervision technique du Chef Communication pour le Développement, le consultant mènera une cartographie préliminaire des connecteurs et des diviseurs et veillera à la mise en place de solutions préconisées, a la conduite d’intervention planifiée par le projet pendant 6 mois

Specific Tasks

– Identifier les connecteurs, les diviseurs et les influenceurs dans les zones d’intervention

– Mener des missions d’identification des acteurs clés les plus crédibles, de tous âges, ethnies, et sexes,

– Conduire une cartographie des acteurs avec l’appui d’un comité local qui aidera à identifier les acteurs locaux crédibles et reconnus comme tels par la communauté.

– Aider les communautés à mener une analyse approfondie de la situation sociale (et/ou sécuritaire) de la zone

– Produire des modules d’animation communautaire par les débats et les dialogues

– Renforcer les capacités des animateurs dans les techniques d’animation

– Planifier et appuyer l’organisation des débats sous forme de dialogue communautaire et/ou intercommunautaire pour identifier les femmes jeunes et leaders en tenant compte des vulnérabilités et des iniquités.

– Susciter le changement sans risquer de créer d’autres conflits internes.

– Produire des rapports clairs et informatifs sur la situation qui sous-tend les interventions futures.

Expected Delivrables

Les connecteurs, diviseurs et influenceurs dans les zones d’intervention identifiés

Une situation âpre au changement sans risquer de créer d’autres conflits internes créée.

La situation sociale (et/ou sécuritaire) de la zone est menée par les communautés analysée

Missions d’identification des acteurs clés les plus crédibles, de tous âges, ethnies, et sexes, menées

Une cartographie des acteurs locaux crédibles et reconnus comme tels par la communauté est disponible

L’organisation des débats sous forme de dialogue communautaire et/ou intercommunautaire pour identifier les femmes jeunes et leaders en tenant compte des vulnérabilités et des iniquités est planifié et appuyé.

Des rapports clairs et informatifs sur la situation qui sous-tend les interventions futures produits et transmis.

Closing Date Wed Apr 04 2018 00:55:00 GMT+0100 (Afr. centrale Ouest)


Source recrutement Afrique francophone

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